Ô peuple de Kufa, ô peuple de la duperie et de la
trahison, vous vous lamentez pour nous ! Que
jamais ne tarissent vos larmes, que jamais
vos supplications ne se taisent. Vous êtes
semblables à celle qui défait le fil de son fuseau
après l'avoir solidement tordu. Vous avez cru
au Saint Prophète (saww) mais vous avez,
vous-même, trahi votre engagement. Car, vous
considérez vos serments comme un sujet
d’injure entre vous. Il n’y a parmi vous que
des courtisans, vaniteux, vicieux,
orgueilleux
et cruels. En réalité, vos agissements
ne relèvent
que de la flatterie de servantes à ses
maîtresses
et vous médisez en cachette comme
des ennemis.
Vous êtes telle une végétation
sur un marécage,
une prairie sur un fumier, un ornement
d’argent
sur un tombeau. Vos paroles sont pleines
d’éclats
mais vos actes sont détestables. Le mal
que vous
avez commis causera votre perdition
et certainement
le courroux d’Allah s’abattra sur vous
et vous
demeurerez éternellement dans le châtiment.
Vous pleurez alors que vous avez décimé
de vos
propres mains nos bien-aimés.
Pourquoi donc
gémissez-vous ? Par Allah, vous
devriez pleurer
abondamment et rire peu. Par ce
crime et votre
trahison vous ne récolterez
que disgrâce
et discrédit.
Jamais vous ne vous débarrasserez
de
cette souillure.
Jamais vous ne parviendrez à laver
cet affront :
celui de l’assassinat du fils du Sceau
des Prophètes (saw),
le chef de la jeunesse du paradis,
le refuge
des meilleurs d’entre vous, l’espoir
de ceux
qui vivent dans l’oppression, le phare
des preuves d’Allah
et le guide de la Sunna. Qu’Allah
vous châtie pour
votre horrible méfait.
Désormais vos efforts seront vains,
vos mains
vont se flétrir, vos transactions
vous conduiront
à votre chute. Vous encourez la
punition d’Allah
et vous serez très certainement
condamnés à la
disgrâce et à l’humiliation.
Ô peuple de Kufa ! Soyez maudits !
Savez-vous
quel être chéri par le Prophète vous
avez mis à mort
et les voiles de quelles femmes vous avez
offensés ?
Savez-vous le sang de qui vous avez
répandu
et quel
tabou vous avez transgressé ?
La gravité
de votre péché
pourrait fendre les cieux, diviser
la terre
et réduire
en poussière les montagnes. Vous
avez
commis
un acte innommable. Il ne serait point
étonnant de
voir se déverser sur vous une pluie
de sang et
votre rétribution sera une torture encore
plus terrible.
Personne ne trouvera assistance et
méfiez-vous,
Il n’y a ni répit ni sursis. Dieu ne
se presse
pas pour
punir et Allah ne craint pas la vengeance.
En vérité,
votre Seigneur est à l’affût. »
L’Imam Sajjad (as) dit alors : « Ô ma tante !
Soyez patiente.
Ceux qui demeurent doivent apprendre de
ceux qui les ont
précédés. Par la grâce d’Allah vous êtes instruite
sans avoir
été enseignée. Les larmes et le chagrin ne
ramèneront pas
ceux qui ne sont plus de ce monde. »
Après cela, Imam Sajjad (as) tenta de s’adresser
à la foule. Mais redoutant l’impact de l’éloquence
de notre Imam (as), dans le but de perturber son
discours, les militaires amenèrent les têtes des
martyrs et les levèrent au-dessus de la foule.
La population commença à pleurer et leurs cris
résonnèrent dans l’air. La tête d’Imam Hussayn (as)
précédait celle des autres et tous ceux qui la voyaient,
furent en larme. Voyant la tête bénie de son père,
Imam As-Sajjad (as) sanglota et interrompit son sermon.
